31.08.05

Chapitre 4 - Sauvetage de Yoda - Aujourd'hui

Voilà voilà, à présent les esprits cartésiens seront partis et j'espère qu'il me reste un lecteur pour dire à ma pauvre mère que je ne suis pas fou. Il y a deux jours encore, ma vie était banale à pleurer, certes encombrée de vaisseaux spatiaux et de robots, mais on ne peut plus tranquille. Aujourd'hui, je suis en partance pour une mission des plus mystérieuses pour l'émergence d'une nouvelle conscience. Il est cinq heures du matin et je laisse ces lignes sur ce blog pour témoigner de ma peur, mon désarroi et de mon excitation mêlés.

Honfleur est un joli port de pêche très touristique, réputé pour ses galeries de peinture. Il est plus de sept heures et demie et je tourne autour de la brocante pour trouver où me garer. Au moins, j'ai pu "converser" un peu avec Ackbar pendant le trajet, même s'il reste toujours aussi enigmatique. Enfin, le Calamarien (originaire donc de la planète Mon Calamari) est plutôt ravi de voir du pays et même quelque peu ému à l'idée de rencontrer Yoda. Mais toujours pas de place de parking en vue.

- Gare toi où tu pourras, me fais le Général, tu n'as pas de temps à perdre.

J'obtempère et coupe le moteur. Et nous voilà donc à arpenter entre les stands des brocanteurs et des particuliers dans le jardin du port.

J'émets une pensée en direction d'Ackbar.
- Tu pourrais m'aider à trouver le stand puisque tu m'as amené jusqu'ici.
- C'est trop difficile. Je perçois Yoda mais son aura est noyée par tous les jouets qui sont en vente ici. Tu sais, leurs pensées découlent directement de ce que leurs créateurs ont placé en eux.
- Ah bon ? Et je peux leur parler à eux aussi alors ?
- Evidemment. Si tu peux communiquer avec moi, tu peux le faire avec TOUS les jouets de la planète.
- Attends une seconde, je vais faire un essai.

Je saisis sur un stand devant moi une poupée d'un garçon en bermuda, athlétique, bronzé et l'air un peu idiot.
- Salut mec, pensais-je, moi c'est Shaz.
- Salut Shaz, me répondit-il, avec un drôle d'accent, moi c'est Ken, tu veux m'emmener avec toi ? j'aimerais beaucoup aller sur le lac avec Barbie et Skipper dans mon camping-car...
- euh...non merci Ken, une prochaine fois peut-être.

Ackbar me ramena à la réalité, enfin à notre réalité devrais-je dire...
- Dépêche toi, il est déjà huit heures !
Oh merde, l'heure ! Je lâche Ken le crétin et me mets à courir, scannant à toute vitesse les stands. Et là, tout au bout des tables, je crois apercevoir une petite tête verte et ridée. Seulement voilà, mon rarissime Yoda se trouve emprisonné dans la main d'un garçon d'environ huit ou neuf ans. Je m'approchede l'enfant et du vendeur, un vieux normand au regard morne et crie, presque hystériquement, une bête phrase sortie tout droit d'un film de serie Z.
- Quelle que soit l'offre que cet enfant vous a faite, je vous en donne le double !!

L'oeil du vieux normand s'allume. Il se tourne vers l'enfant qui ne comprend pas ces enjeux d'adulte.
- Ah oui ? Et combien tu me donnes pour ce truc, petit ? L'enfant fouille dans sa poche et tend sa petite main innocente au marchand. Deux pièces d'un euro et une de cinquante cents s'y trouvent. Le marchand se tourne vers moi.
- Donc, si je calcule bien, vous m'en donneriez cinq euros ?
- Oui, les voilà. Le vieux empoche mon billet et s'adresse au gamin.
- Désolé petit, mais le monsieur m'a donné plus que toi. Donne lui le jouet, s'il te plait. L'enfant hésite. A cet instant précis, une voix calme et puissante se fait entendre entre mes oreilles.

- La même somme qu'au marchand à cet enfant tu donneras. Pas besoin de chercher bien loin, il n'y a que le fameux maitre Jedi Yoda pour s'exprimer ainsi, et pour me demander de dédommager le petiot. Je m'éxécute et je m'agenouille pour regarder le gosse dans les yeux.

- Tiens voilà cinq euros, je suis vraiment désolé mais il me faut absolument ce Yoda. On reste copains ? Le gamin attrappe mon billet et se tourne vers le marchand.
- Vous avez des Yo-gi-yoh?

Je regarde mon Yoda à ma cape blanche dans ma main. Il tient dans la main un étrange sceptre avec un rubis rouge surmonté d'une tête de mort.
- Dois-je t'appeler Maitre ?
- Maître tu m'appeleras et me vouvoyer tu devras.
- Très bien Maitre Yoda, peut-être daigneriez-vous éclairer ma lanterne ?
- En temps utile tout te sera révélé.


- Maitre Yoda, lance Ackbar, je devine la présence d'Hammerhead non loin, et il exige que nous l'emmenions.


- Imprévisible il est, réplique le Maitre, mais ignorer sa requête nous ne pouvons.

En effet, deux stands plus loin, nous trouvons le fameux Hammerhead, un nom qui veut dire tête de marteau (et qui désigne également en anglais le requin marteau). Si j'ai bonne mémoire, il ne fut rien d'autre qu'un client du bar malfamé de Mos Esley sur Tatooine. La figurine ne me dit rien, au propre comme au figuré. Il est trop...à part, même pour un non-humain. Autant il est vrai qu'Ackbar et Mapître Yoda me semblent dignes de confiance, autant le regard d'Hammerhead et son silence mental ne me disent rien qui vaille.

En regagnant ma voiture, je me remémore les paroles d'Ackbar concernant l'acquisition de Yoda et je me dis qu'il m'a côuté dix euros et non pas les quarante-cing euros. Seulement voilà, arrivé devant mon épave, j'ai la désagréable surprise de découvrir un PV de 35 euros pour mauvais stationnement. Cette prémonition hallucinante me fait froid dans le dos. Toute la trame de l'univers serait-elle déjà écrite ? Et comment ces petits morceaux de plastique pourraient-ils connaître à l'avance le cours des choses ?

Je dirige mes pensées vers Ackbar.
- Comment pouvais tu savoir à l'avance que l'amende plus le prix que j'ai payé, sans oublier la demande de Yoda de payer l'enfant, donnerait quarante-cinq euros ? Hein ?
- Ne raisonne donc pas en termes de savoir, réplique le Calamarien, oublie dorénavant ce que tu sais ou crois savoir. Notre destinée, même si elle nait de l'esprit humain, ne s'inscrit pas dans la logique humaine. Moi, Maître Yoda, Hammerhead, le Ken avec qui tu as parlé ou bien encore le Sidéro (le droïde de San Ku Kaï ) qui est chez toi, avons tous une place et un rôle bien précis. Nous ne nous reproduisons pas, nous ne respirons pas, nous ne mangeons pas, nous n'avons ni compte en banque ni effets personnels autres que ceux que tu peux mettre dans nos mains, mais nous pensons. TOI, tu es la passerelle entre le monde manifesté et le monde de notre conscience à nous. Tu as acquis cette conscience pour permettre à la notre de s'ordonner.
- Parfaitement le Général a parlé, conclut Yoda.
- Mais tout n'est pas encore joué, et de loin, nous coupe Hammerhead.

Posté par shazam à 17:27 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Chapitre 4 - Sauvetage de Yoda - Aujourd'hui

    Encore un coup de Maître

    Ce quatrième chapitre confirme les talents de son auteur et ancre un peu plus la psychologie de chaque personnage. Maître Yoda est comme toujours magistral et Hammerhead fait froid dans le dos.
    L'histoire avance à son rythme et le suspence est à couper au couteau.

    J'en redemande!!!

    Posté par Math147, 03.09.05 à 17:53 | | Répondre
  • merci

    ça marche ! oui l'idéal serait pour moi de mixer fantastique et réalité, suspense, action et humour. Bref, placer la barre le plus haut possible.

    Posté par zamsha, 05.09.05 à 09:31 | | Répondre
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